Arthroscanner : guide complet pour bien se préparer à votre examen

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9/3/26
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Votre médecin vous a prescrit un arthroscanner ? Cet examen d'imagerie, très courant en médecine ostéo-articulaire, permet d'obtenir des images extrêmement précises de l'intérieur de vos articulations. Si vous vous demandez comment il se déroule, s'il fait mal ou comment vous y préparer, vous êtes au bon endroit.

Chez Imagerie Gandhi, nos médecins radiologues réalisent quotidiennement des arthroscanners de toutes les articulations. Ce guide complet répond à toutes vos questions pour aborder votre examen en toute sérénité.

Qu'est-ce qu'un arthroscanner ?

L'arthroscanner (ou arthro-scanner) est un examen d'imagerie qui combine deux techniques complémentaires :

  1. L'arthrographie : injection d'un produit de contraste iodé directement dans la cavité articulaire, sous guidage radiographique (fluoroscopie).
  2. Le scanner (TDM) : réalisation immédiate d'un scanner (TDM) de l'articulation pour capturer des images en coupes millimétriques.

En se répandant dans l'articulation, le produit de contraste « dessine » les contours des structures internes : cartilage, ménisques, tendons, ligaments et labrum. Le scanner fournit ensuite des images en haute résolution, bien plus détaillées qu'une radiographie classique.

Selon la Société Française de Radiologie (SFR), l'arthroscanner reste l'examen de référence pour l'étude fine du cartilage articulaire et la détection des ruptures tendineuses ou ligamentaires, grâce à sa résolution spatiale supérieure.

Arthroscanner, arthrographie, arthro-IRM : quelles différences ?

Ces trois termes sont souvent confondus. Voici ce qui les distingue :

  • Arthrographie : injection du produit de contraste suivie de simples radiographies. Cet examen fournit des images en 2D et est de moins en moins pratiqué seul.
  • Arthroscanner : injection du produit de contraste suivie d'un scanner. Il offre une résolution osseuse et cartilagineuse excellente, mais utilise des rayons X.
  • Arthro-IRM : injection du produit de contraste suivie d'une IRM. Elle excelle dans l'analyse des tissus mous (tendons, ligaments) et n'implique aucune irradiation.

Le choix entre arthroscanner et arthro-IRM dépend de l'articulation concernée, de la pathologie recherchée et des différences entre scanner et IRM. Votre médecin prescripteur et votre radiologue déterminent ensemble l'examen le plus adapté.

À quoi sert l'arthroscanner ? Indications par articulation

L'arthroscanner est prescrit lorsqu'un scanner ou une échographie classiques ne suffisent pas à visualiser les structures intra-articulaires. Voici les principales indications selon l'articulation examinée.

Arthroscanner du poignet

L'arthroscanner du poignet est l'un des plus fréquemment pratiqués. Il permet de diagnostiquer :

  • Les déchirures ligamentaires (ligament scapho-lunaire, ligament luno-triquétral)
  • Les lésions du complexe fibrocartilagineux triangulaire (TFCC)
  • Les fractures occultes du scaphoïde
  • L'arthrose débutante des petites articulations du poignet

Arthroscanner de l'épaule

L'arthroscanner de l'épaule est particulièrement indiqué pour :

  • Les ruptures de la coiffe des rotateurs (partielles ou complètes)
  • Les lésions du labrum glénoïdien (après luxation ou instabilité)
  • Le bilan pré-opératoire avant chirurgie de stabilisation
  • Les corps étrangers intra-articulaires

Selon la pathologie suspectée, votre médecin peut aussi orienter vers une échographie de l'épaule en première intention, l'arthroscanner intervenant en complément pour préciser le diagnostic.

Arthroscanner de la hanche

L'arthroscanner de la hanche est l'examen de choix pour explorer :

  • Les déchirures du labrum acétabulaire
  • Les lésions du cartilage articulaire
  • Le conflit fémoro-acétabulaire (impingement)
  • Les corps étrangers libres intra-articulaires

Arthroscanner du genou

L'arthroscanner du genou est prescrit pour évaluer :

  • Les lésions cartilagineuses (chondropathie, ostéochondrite)
  • Les corps étrangers intra-articulaires
  • Le suivi post-chirurgical (après réparation méniscale ou ligamentaire)
  • Les arthropathies inflammatoires

Arthroscanner du coude

L'arthroscanner du coude est indiqué en cas de :

  • Atteinte des ligaments collatéraux (médial ou latéral)
  • Ostéochondrite disséquante (fréquente chez le sportif)
  • Corps étrangers articulaires
  • Syndrome de compression nerveuse (nerf ulnaire)

Arthroscanner de la cheville

L'arthroscanner de la cheville permet de diagnostiquer :

  • Les lésions ostéochondrales du dôme talien
  • Les atteintes ligamentaires chroniques (après entorses répétées)
  • Les corps étrangers intra-articulaires
  • Les syndromes de conflit antérieur ou postérieur

Comment se déroule un arthroscanner ? Les étapes

L'examen se déroule en deux phases distinctes et dure environ 30 à 45 minutes au total. Voici le déroulement étape par étape.

Étape 1 : l'accueil et la préparation

À votre arrivée au centre d'imagerie, vous êtes accueilli(e) par l'équipe de radiologie. Un questionnaire médical vous est remis pour vérifier :

  • Vos allergies éventuelles (notamment aux produits iodés)
  • Vos traitements en cours (anticoagulants, antiagrégants)
  • Un éventuel état de grossesse
  • Vos résultats de prise de sang (créatininémie)

Étape 2 : l'injection du produit de contraste (arthrographie)

C'est la phase que les patients redoutent le plus, mais elle est bien mieux tolérée qu'on ne l'imagine :

  1. Désinfection soigneuse de la zone articulaire dans des conditions d'asepsie stricte.
  2. Anesthésie locale : le médecin radiologue injecte d'abord un anesthésique pour insensibiliser la peau et les tissus sous-cutanés.
  3. Guidage par fluoroscopie : sous contrôle radiographique en temps réel, le radiologue introduit une aiguille fine dans la cavité articulaire.
  4. Injection du produit de contraste iodé : une petite quantité (quelques millilitres) est injectée dans l'articulation. Vous pouvez ressentir une légère sensation de pression.
  5. Vérification : des clichés radiographiques confirment la bonne répartition du produit de contraste.

La durée de cette phase est d'environ 10 à 15 minutes.

Étape 3 : le passage au scanner

Immédiatement après l'injection, vous êtes dirigé(e) vers la salle de scanner. Cette phase est rapide et totalement indolore :

  1. Vous vous allongez sur la table du scanner dans la position demandée par le manipulateur.
  2. La table glisse dans l'anneau du scanner (un anneau ouvert, bien plus large que le tunnel d'une IRM).
  3. Vous devez rester immobile pendant quelques secondes, le temps de l'acquisition des images.
  4. L'examen dure environ 5 à 10 minutes.

L'ensemble de l'examen (accueil, injection, scanner et habillage) prend généralement entre 30 et 45 minutes.

L'arthroscanner est-il douloureux ?

C'est la question la plus fréquente, et la réponse est rassurante : l'arthroscanner est un examen bien toléré par la grande majorité des patients.

Pendant l'injection

Grâce à l'anesthésie locale réalisée systématiquement avant la ponction, la douleur de l'arthroscanner du poignet, de l'épaule ou de toute autre articulation est considérablement réduite. La plupart des patients décrivent :

  • Une petite piqûre lors de l'anesthésie (comparable à une prise de sang)
  • Une sensation de pression ou de « gonflement » lorsque le produit de contraste se répand dans l'articulation
  • Une gêne modérée de quelques secondes lors du passage de l'aiguille

Si vous ressentez une douleur plus importante, n'hésitez pas à le signaler : le radiologue peut adapter son geste ou compléter l'anesthésie.

Pendant le scanner

Le passage au scanner est totalement indolore. L'anneau du scanner est large et ouvert : les patients qui appréhendent les espaces clos (comme pour l'IRM) sont généralement rassurés.

Après l'examen

Dans les heures qui suivent, vous pouvez ressentir :

  • Une légère douleur ou gêne au niveau de l'articulation ponctionnée
  • Un gonflement modéré qui se résorbe en 24 à 48 heures
  • Exceptionnellement, une réaction inflammatoire au produit de contraste (douleur et chaleur articulaire)

Ces sensations sont normales et disparaissent spontanément. Un antalgique simple (paracétamol) suffit généralement à les soulager.

Comment se préparer à un arthroscanner ?

Une bonne préparation garantit un examen fluide et des images de qualité optimale. Pour en savoir plus sur la préparation aux différents examens d'imagerie, consultez notre guide de préparation aux examens d'imagerie.

Avant l'examen

  • Prise de sang préalable : votre médecin prescrit un dosage de la créatininémie pour vérifier le bon fonctionnement de vos reins (le produit de contraste iodé étant éliminé par voie rénale).
  • Être à jeun : il est recommandé de ne pas manger dans les 4 heures précédant l'examen. Vous pouvez boire de l'eau.
  • Signaler vos allergies : informez l'équipe de toute allergie connue, en particulier aux produits iodés. Une prémédication antiallergique peut être prescrite.
  • Signaler vos traitements : les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires doivent être signalés. Selon le cas, un arrêt temporaire pourra être envisagé par votre médecin.
  • Documents à apporter : ordonnance de l'examen, résultats de la prise de sang, carte Vitale, examens antérieurs (radiographies, IRM, scanner).

Le jour de l'examen

  • Portez des vêtements amples et confortables, faciles à retirer au niveau de l'articulation concernée.
  • Retirez vos bijoux et objets métalliques de la zone examinée.
  • Arrivez 15 minutes en avance pour compléter le dossier administratif et le questionnaire médical.

Après l'examen

  • Repos articulaire : évitez de solliciter l'articulation pendant 24 à 48 heures.
  • Pas de sport : attendez au moins 48 heures avant de reprendre une activité physique intense.
  • Hydratation : buvez abondamment pour faciliter l'élimination rénale du produit de contraste.
  • Conduite automobile : vous pouvez conduire après l'examen, sauf si une sédation a été administrée.

Arthroscanner avec infiltration

Il arrive que le médecin radiologue profite du geste de ponction articulaire pour réaliser une infiltration articulaire dans le même temps. On parle alors d'arthroscanner avec infiltration.

En quoi cela consiste-t-il ?

Après l'injection du produit de contraste et la réalisation du scanner, le radiologue peut injecter dans l'articulation :

  • Un corticoïde (anti-inflammatoire puissant) pour soulager une douleur articulaire
  • De l'acide hyaluronique (viscosupplémentation) pour lubrifier l'articulation arthrosique

Cette combinaison présente un double avantage : elle permet de diagnostiquer et traiter en une seule séance, avec une seule ponction articulaire. Pour en savoir plus sur les infiltrations, consultez notre guide complet sur les infiltrations articulaires.

Précautions spécifiques

En cas d'arthroscanner avec infiltration de corticoïdes, les recommandations post-examen sont les mêmes que pour une infiltration classique :

  • Repos de l'articulation pendant 48 heures
  • Surveiller les signes d'infection (rougeur, chaleur, fièvre) dans les jours suivants
  • L'effet anti-inflammatoire se fait sentir en général en 2 à 5 jours

Besoin de passer un arthroscanner ?

Nos radiologues spécialisés en imagerie ostéo-articulaire vous accueillent dans des conditions optimales. Prenez rendez-vous en ligne ou contactez notre secrétariat pour toute question sur votre examen.

Effets secondaires et précautions

L'arthroscanner est un examen sûr, pratiqué quotidiennement dans les centres d'imagerie. Les effets secondaires sont rares et généralement bénins.

Effets secondaires possibles

  • Douleur ou gêne articulaire : sensation de gonflement qui se résorbe en 24 à 48 heures. C'est l'effet secondaire le plus courant.
  • Réaction inflammatoire : dans de rares cas, le produit de contraste peut provoquer une réaction inflammatoire locale (douleur, chaleur, rougeur) quelques heures après l'injection. Elle régresse spontanément.
  • Réaction allergique : les réactions allergiques au produit de contraste iodé intra-articulaire sont exceptionnelles. Selon l'ANSM, elles peuvent aller d'une simple urticaire à des réactions plus sévères, d'où l'importance de signaler toute allergie connue.
  • Infection articulaire : le risque est extrêmement faible grâce aux conditions d'asepsie stricte. Si vous observez de la fièvre, une rougeur importante ou un gonflement croissant dans les jours suivant l'examen, consultez sans tarder.

Irradiation

L'arthroscanner utilise des rayons X, à la différence de l'arthro-IRM. Selon l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), la dose délivrée lors d'un scanner articulaire localisé reste faible, bien inférieure à celle d'un scanner thoraco-abdominal. Le bénéfice diagnostique l'emporte largement sur le risque lié à l'irradiation.

L'examen est cependant contre-indiqué chez la femme enceinte, sauf urgence absolue.

Contre-indications

  • Grossesse (irradiation)
  • Allergie sévère connue au produit de contraste iodé (une prémédication est possible dans certains cas)
  • Insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine très basse)
  • Infection cutanée au point de ponction
  • Troubles de la coagulation non contrôlés

Arthroscanner, arthrographie ou arthro-IRM : comment choisir ?

Le choix de l'examen dépend de la question clinique posée par votre médecin. Voici un comparatif synthétique pour mieux comprendre.

Critère Arthrographie Arthroscanner Arthro-IRM
Technique Injection + radiographies Injection + scanner (TDM) Injection + IRM
Résolution osseuse Moyenne Excellente Bonne
Analyse des tissus mous Limitée Bonne Excellente
Cartilage Limitée Excellente Très bonne
Irradiation Faible Faible à modérée Aucune
Durée totale 15-20 min 30-45 min 45-60 min
Claustrophobie Non concerné Rarement (anneau ouvert) Possible (tunnel)
Indications phares Examen de débrouillage Cartilage, os, post-chirurgie Labrum, tendons, ligaments

En pratique, l'arthroscanner est souvent privilégié pour l'étude du cartilage et des structures osseuses, tandis que l'arthro-IRM est préférée pour les tissus mous (labrum, tendons). Chez les patients porteurs de matériel métallique (prothèse, vis), l'arthroscanner est souvent le seul choix possible car le métal provoque des artefacts en IRM.

Questions fréquentes sur l'arthroscanner

Combien de temps dure un arthroscanner ?

L'examen complet dure en moyenne 30 à 45 minutes, incluant l'accueil, la phase d'injection (10-15 minutes) et le passage au scanner (5-10 minutes). Prévoyez environ 1 heure au centre d'imagerie pour la prise en charge globale.

Peut-on conduire après un arthroscanner ?

Oui, dans la grande majorité des cas. L'examen ne nécessite pas de sédation. Vous pouvez reprendre la conduite immédiatement après, sauf en cas de gêne articulaire importante (notamment après un arthroscanner de l'épaule ou du poignet du côté de la main dominante).

Faut-il être à jeun ?

Il est recommandé d'être à jeun depuis 4 heures avant l'examen (pas de nourriture). Vous pouvez boire de l'eau en quantité normale.

Peut-on marcher après un arthroscanner du genou ou de la hanche ?

Oui, la marche est possible dès la fin de l'examen. Cependant, il est conseillé de limiter les efforts sur l'articulation pendant 24 à 48 heures et d'éviter le sport pendant cette période.

L'arthroscanner est-il remboursé ?

Oui, l'arthroscanner est pris en charge par l'Assurance Maladie dans le cadre d'une prescription médicale. Le remboursement s'effectue selon les tarifs conventionnels de la CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux). Votre mutuelle prend en charge le complément selon votre contrat.

Quand reçoit-on les résultats ?

Chez Imagerie Gandhi, les résultats de l'arthroscanner sont généralement disponibles sous 24 à 72 heures. Le compte rendu est transmis directement à votre médecin prescripteur et accessible sur votre espace résultats en ligne.

Tableau récapitulatif par articulation

Articulation Indications principales Durée totale Douleur ressentie
Poignet Ligaments (scapho-lunaire, TFCC), fracture scaphoïde, arthrose 30-40 min Légère à modérée
Épaule Coiffe des rotateurs, labrum, instabilité, corps étrangers 30-45 min Légère
Hanche Labrum acétabulaire, cartilage, conflit fémoro-acétabulaire 35-45 min Légère à modérée
Genou Cartilage, corps étrangers, suivi post-chirurgie, ostéochondrite 30-40 min Légère
Coude Ligaments collatéraux, ostéochondrite, corps étrangers 30-40 min Légère
Cheville Lésions ostéochondrales, ligaments, syndrome de conflit 30-40 min Légère

Conclusion

L'arthroscanner est un examen d'imagerie précis, sûr et bien toléré qui permet d'explorer en détail les structures internes de vos articulations. Grâce à l'anesthésie locale systématique, la douleur est limitée et l'examen se déroule dans de bonnes conditions pour la très grande majorité des patients.

Si vous devez passer un arthroscanner du poignet, de l'épaule, de la hanche ou de toute autre articulation, n'hésitez pas à prendre rendez-vous dans l'un de nos centres Imagerie Gandhi. Nos radiologues spécialisés en imagerie ostéo-articulaire vous accompagnent à chaque étape, de la préparation au compte rendu de vos résultats.

Sources