
Vous avez reçu une invitation au dépistage du cancer du sein ou votre médecin vient de vous prescrire une mammographie ? Cet examen soulève beaucoup de questions, parfois un peu d'appréhension — et c'est parfaitement normal. Chaque année en France, plus de 3 millions de mammographies sont réalisées. C'est, à ce jour, l'examen le plus efficace pour repérer un cancer du sein à un stade précoce. Et la bonne nouvelle, c'est que détecté tôt, ce cancer guérit dans environ 9 cas sur 10.
Ce guide a une vocation purement pédagogique : vous expliquer simplement à quel âge passer une mammographie, comment vous préparer, ce qui se passe concrètement pendant l'examen, comment lire vos résultats et comprendre le parcours du dépistage organisé en France.
À noter : notre centre d'Imagerie Gandhi ne réalise pas de mammographie ni de dépistage du cancer du sein. Cet article est proposé à titre strictement informatif pour vous aider à mieux comprendre cet examen.
Pour prendre rendez-vous, adressez-vous à votre médecin traitant ou consultez la liste des radiologues agréés par le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de votre région.
La mammographie est un examen d'imagerie médicale qui utilise des rayons X à très faible dose pour obtenir des images précises de la structure interne des seins. C'est aujourd'hui l'examen de référence pour le dépistage du cancer du sein, recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS) et piloté en France par l'Institut national du cancer (INCa).
Concrètement, chaque sein est posé entre deux plaques, puis légèrement comprimé pendant quelques secondes. Cette compression, souvent redoutée, a pourtant trois objectifs très utiles :
En règle générale, deux clichés par sein sont réalisés (un de face, un en oblique), soit quatre clichés au total.
Derrière le mot « mammographie », il existe en réalité deux examens très différents dans leur intention :
La tomosynthèse mammaire, souvent appelée mammographie 3D, constitue l'une des avancées majeures de la dernière décennie. Le tube à rayons X effectue un mouvement en arc de cercle au-dessus du sein et capture plusieurs images sous différents angles, reconstituées ensuite en coupes millimétriques. Résultat :
Rassurez-vous : la tomosynthèse n'est ni plus irradiante, ni plus inconfortable qu'une mammographie classique.
La question de l'âge de la première mammographie revient très souvent. La réponse dépend surtout de votre niveau de risque.
En France, le programme national de dépistage organisé du cancer du sein est coordonné par l'INCa et l'Assurance Maladie. Il invite toutes les femmes de 50 à 74 ans, sans facteur de risque particulier, à réaliser une mammographie tous les 2 ans. L'invitation arrive directement par courrier depuis votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), avec un bon de prise en charge.
En dehors du programme organisé, votre médecin ou votre gynécologue peut prescrire une mammographie plus tôt si vous présentez certains facteurs de risque :
Pour les femmes à risque élevé ou très élevé, la HAS recommande un suivi personnalisé et resserré, qui peut inclure une mammographie annuelle et, parfois, une IRM mammaire.
Le programme organisé s'arrête à 74 ans — mais la surveillance, elle, ne s'arrête pas forcément. Votre médecin peut continuer à prescrire des mammographies dans le cadre d'un dépistage individuel, selon votre état de santé général et vos antécédents.
| Tranche d'âge | Type de dépistage | Fréquence |
|---|---|---|
| Avant 50 ans (risque moyen) | Pas de dépistage systématique | Sur prescription si nécessaire |
| Avant 50 ans (risque élevé) | Dépistage individuel renforcé | Annuel, parfois dès 40 ans |
| 50-74 ans | Dépistage organisé | Tous les 2 ans |
| Après 74 ans | Dépistage individuel | Sur prescription médicale |
Bonne nouvelle : la préparation à une mammographie n'a rien de compliqué. Quelques gestes simples suffisent pour que l'examen se passe dans les meilleures conditions possibles.
Si vous êtes encore réglée, il est conseillé de programmer votre mammographie dans la première moitié du cycle, idéalement entre le 8e et le 14e jour après le début des règles. À cette période, les seins sont moins tendus et la compression est mieux tolérée.
Comprendre pas à pas le déroulement de la mammographie est probablement la meilleure façon de la dédramatiser. Voici ce qui vous attend, sans mauvaise surprise.
À votre arrivée, la manipulatrice en électroradiologie vous accueille et vous pose quelques questions : date de vos dernières règles, antécédents familiaux, traitements en cours, grossesse éventuelle. Vous vous déshabillez le haut du corps dans une cabine et gardez uniquement le bas de vos vêtements.
Debout devant le mammographe, vous positionnez votre sein sur la plaque inférieure. La manipulatrice abaisse alors progressivement la plaque supérieure pour comprimer le sein. Deux clichés par sein sont capturés :
La compression dure 10 à 15 secondes par cliché. Elle peut être désagréable, mais elle est rarement douloureuse. Et surtout, n'hésitez pas à le signaler si la gêne devient excessive : la manipulatrice ajustera la pression.
L'ensemble de l'examen tient en 15 à 20 minutes, compression comprise. La partie active — la compression à proprement parler — ne représente en réalité que quelques dizaines de secondes cumulées.
Le radiologue analyse les images et complète l'examen par une palpation mammaire. Si une zone mérite un regard plus approfondi, il peut décider d'enchaîner immédiatement avec :
Les premiers résultats vous sont communiqués oralement par le radiologue juste après l'examen. Un compte rendu écrit détaillé est ensuite adressé à votre médecin prescripteur.
Les résultats d'une mammographie sont classés selon un système international : la classification BI-RADS (Breast Imaging-Reporting And Data System), aussi appelée classification ACR. L'idée ? Donner un langage commun à tous les radiologues et aux médecins qui vous suivent.
| Catégorie | Signification | Conduite à tenir |
|---|---|---|
| ACR 0 | Examen incomplet, évaluation complémentaire nécessaire | Clichés supplémentaires ou échographie |
| ACR 1 | Mammographie normale, aucune anomalie détectée | Dépistage habituel (tous les 2 ans) |
| ACR 2 | Anomalie bénigne (kyste simple, ganglion, calcification typiquement bénigne) | Dépistage habituel, aucune inquiétude |
| ACR 3 | Anomalie très probablement bénigne (risque de malignité < 2 %) | Surveillance rapprochée à 4-6 mois |
| ACR 4 | Anomalie suspecte (risque de malignité de 2 à 95 %) | Biopsie recommandée |
| ACR 5 | Anomalie fortement évocatrice de malignité (risque > 95 %) | Biopsie indispensable |
| ACR 6 | Cancer du sein déjà confirmé par biopsie | Suivi thérapeutique en cours |
Un ACR 3 ou ACR 4 n'est pas synonyme de cancer. Un classement ACR 3 signifie que l'anomalie est très probablement bénigne et qu'elle mérite simplement une surveillance. Un classement ACR 4 conduit à une biopsie — mais une majorité de biopsies confirment l'absence de cancer. Le plus important est de respecter les rendez-vous de suivi recommandés par votre radiologue et votre médecin.
Il existe deux parcours distincts pour réaliser une mammographie en France. On les confond facilement ; voici de quoi faire la différence en un coup d'œil.
Piloté par l'INCa et l'Assurance Maladie, ce programme national :
Prescrit par votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme, il concerne :
La compression du sein peut être inconfortable, mais elle dure moins de 15 secondes par cliché. La plupart des femmes décrivent une sensation de pression désagréable plutôt qu'une véritable douleur. Si vous êtes très sensible, programmez l'examen en première partie de cycle et envisagez un antalgique léger une heure avant.
La dose délivrée est très faible : environ 0,4 millisievert (mSv) pour une mammographie bilatérale, soit l'équivalent de quelques semaines d'exposition naturelle. Selon l'IRSN, le bénéfice du dépistage dépasse très largement le risque lié à cette irradiation.
La mammographie est contre-indiquée pendant la grossesse en raison des rayons X. En cas de besoin diagnostique, une échographie mammaire sera privilégiée. Pendant l'allaitement, la mammographie reste possible, mais les images sont plus difficiles à interpréter du fait de la densité glandulaire.
Oui, la mammographie est tout à fait compatible avec des prothèses mammaires. Des incidences spécifiques (manœuvre d'Eklund) permettent de déplacer la prothèse pour mieux visualiser le tissu mammaire. Pensez à le signaler lors de la prise de rendez-vous afin que la manipulatrice s'organise en conséquence.
Si vous avez entre 50 et 74 ans et que vous n'avez rien reçu, plusieurs options s'offrent à vous :
• Contactez votre caisse d'assurance maladie (CPAM) pour vérifier votre éligibilité.
• Consultez le site depistage-sein.e-cancer.fr de l'INCa.
• Parlez-en à votre médecin traitant ou gynécologue, qui pourra vous prescrire une mammographie de dépistage individuel.
La mammographie utilise les rayons X et reste l'examen de référence pour le dépistage. L'échographie mammaire utilise des ultrasons (sans rayonnement) et sert plutôt de complément à la mammographie, notamment pour explorer une anomalie détectée ou examiner des seins denses. Les deux examens sont complémentaires. Pour approfondir, consultez notre article sur le choix entre scanner et échographie.
Dans le cadre du dépistage organisé, il faut vous rendre chez un radiologue agréé par le programme. Pour obtenir la liste des centres proches de chez vous, vous pouvez :
• Utiliser le courrier d'invitation de votre CPAM, qui comporte souvent une liste locale.
• Contacter le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) de votre région.
• Demander conseil à votre médecin traitant ou à votre gynécologue.
Le centre Imagerie Gandhi ne propose pas la mammographie parmi ses examens. Si vous cherchez un centre pour réaliser votre dépistage, voici les bons réflexes :
Pour toute question d'ordre général sur nos examens ou sur le parcours de soins en imagerie médicale, vous pouvez également nous contacter — nous vous orienterons au mieux. Et pour mieux comprendre notre équipe et notre approche, découvrez le centre Imagerie Gandhi.
La mammographie est un examen rapide, bien codifié et largement éprouvé. Rappelons-le : le cancer du sein, lorsqu'il est détecté précocement, se soigne dans la très grande majorité des cas. Que vous soyez concernée par le programme national de dépistage (50-74 ans) ou que votre médecin vous ait prescrit une mammographie diagnostique, l'essentiel est de ne pas repousser l'examen.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article dédié au dépistage du cancer du sein après 50 ans, ou explorer les différences entre les principaux examens d'imagerie dans nos guides scanner ou IRM et IRM ou échographie.